Econocom Onelink

mes outils

interview
Temps de lecture
4 min

Interview : Olivier Berrouiguet, CEO de Synertrade



IngĂ©nieur de formation, pĂšre de deux enfants, Olivier Berrouiguet est le CEO de Synertrade, filiale du groupe Econocom spĂ©cialisĂ©e dans les solutions digitales Source-to-Pay (le processus achats-finance). Avec ses 400 000 utilisateurs, l’entreprise continue de conquĂ©rir des parts de marchĂ© avec 16,7 M€ de CA rĂ©alisĂ© en 2022 et une ambition de 23,4 M€ cette annĂ©e. SpĂ©cialiste du redressement d’entreprises, Olivier Berrouiguet est l’artisan de ce succĂšs. Rencontre.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours académique et professionnel ?

O.B : J’ai 53 ans, je suis ingĂ©nieur de formation (ndlr : il est diplĂŽmĂ© de l’Ecole Universitaire d’IngĂ©nieurs de Lille et d’un Master Business Unit Administration HEC). J’ai rapidement optĂ© pour une carriĂšre de business dĂ©veloppement et commerce, d’abord chez Merck. J’ai toujours Ă©tĂ© attirĂ© par le multi-pays : j’ai grandi en Suisse, dans le Sud-Ouest de la France et en GrĂšce. J’aime cĂŽtoyer diffĂ©rentes cultures. J’ai travaillĂ© dans une vingtaine de pays en Europe, Asie et aux Etats-Unis.

Quelle est votre premiÚre expérience en redressement financier ?

O.B. : Ma premiĂšre expĂ©rience en management s’est faite avec une Ă©quipe de quatorze personnes sur un sujet de redressement et de retournement d’entreprise chez Taylor Hobson. Le plan qui visait Ă  ĂȘtre plus rentable a bien fonctionnĂ©. J’ai d’abord travaillĂ© sur la dynamique collective d’une Ă©quipe qui avait souffert, et c’est Ă  ce moment-lĂ  que j’ai appris l’adage : « Seul on va plus vite, en Ă©quipe on va plus loin ». Parce que manager c’est dĂ©lĂ©guer, faire confiance et accepter les erreurs que l’on va affronter ensemble. Et puis l’entreprise a Ă©tĂ© rachetĂ©e cinq ans plus tard par le groupe Ametek. Ensuite, j’ai intĂ©grĂ© une start-up en 2006, Sensitive Objects, spĂ©cialisĂ© dans le tactile, au poste de directeur des ventes. Et j’ai assistĂ© aux premiers succĂšs de cette start-up, Ă  la copie de notre brevet par une entreprise amĂ©ricaine puis Ă  sa vente.

 

« Manager c’est dĂ©lĂ©guer, faire confiance

et accepter les erreurs que l’on va affronter ensemble »

 

Ensuite vous avez intégré Capgemini en 2009 ? Dans la branche IT ou conseil ?

O.B : Dans la branche IT, j’étais le Global Account Manager de Sanofi pour Capgemini. J’avais un goĂ»t pour la pharma depuis mon expĂ©rience chez Merck et je me suis concentrĂ© sur le fait de concilier les besoins business avec la rĂ©alitĂ© IT de Sanofi. Le compte Ă©tait en dĂ©crĂ©pitude. Et finalement, avec mon Ă©quipe, qui Ă©tait composĂ©e de 5 personnes, nous sommes passĂ©s de 3 millions de chiffre d’affaires en 2008 Ă  40 millions d’euros en 2012.

En 2017, vous fondez votre entreprise, My Cube, qu’est-ce qui vous a motivĂ© ?

O.B : Juste avant mon expĂ©rience entrepreneuriale, j’ai rejoint Voluntis pendant 5 ans, c’était une trĂšs belle aventure comme directeur commercial d’une entreprise Ă©ditrice de logiciels mĂ©dicaux. J’y ai fait la plus belle affaire de ma carriĂšre en emportant un deal de plusieurs millions de dollars Ă  partir deux slides synthĂ©tisant la valeur gĂ©nĂ©rĂ©e par notre solution.. ! Et en 2017 j’ai créé My Cube en effet : je me suis appuyĂ© sur mon expĂ©rience en santĂ© numĂ©rique pour proposer Ă  mes clients des prestations de service dans la vente et la dĂ©finition de leurs cibles.

Vous avez fait cavalier seul dans cette aventure entrepreneuriale ?

O.B. : Absolument, j’ai failli m’associer mais la personne qui devait me rejoindre a finalement pris un travail à plein temps.

Et qu’est-ce qui vous donne envie de rejoindre Econocom en 2018 ?

O.B : L’aventure en Ă©quipe ! Je voulais retravailler avec des Ă©quipes et un ancien de chez Capgemini, Laurent Roudil, m’a convaincu Ă  l’époque de rejoindre Econocom. Je suis arrivĂ© en tant que directeur des comptes stratĂ©giques, puis je suis passĂ© directeur des deals stratĂ©giques. Aussi, Econocom m’a laissĂ© la latitude pour la gestion d’un projet entrepreneurial global : avec Synertrade depuis l’étĂ© 2021, j’ai repris le mandat social des six entreprises (France, Allemagne, Italie, USA, Roumanie et Espagne).

 

« Un plan de redressement qui dégage

désormais de la croissance rentable »

 

Vous arrivez Ă  la tĂȘte de Synertrade avec quels objectifs ?

O.B : Quand je suis arrivĂ©, on avait un problĂšme de rotation des Ă©quipes, de vacance du pouvoir et de dĂ©sorganisation de l’entreprise : mes objectifs ont Ă©tĂ© d’écrire la partition, c’est-Ă -dire notre plan de redressement sur 3 ans, de redresser et de retourner l’entreprise qui est spĂ©cialiste du logiciel d’achats.

Combien de salariĂ©s compte Synertrade ? Quelle a Ă©tĂ© l’évolution du chiffre d’affaires depuis votre arrivĂ©e ?

O.B : Nous sommes 150 personnes. Nous sommes passĂ© de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 Ă  16,7 millions en 2022 gĂ©nĂ©rant des pertes. En 2023, nous avons une ambition de 23,4 millions et de ROP positif, j’espĂšre que l’on fera plus ! On interrompt un cycle de cash nĂ©gatif grĂące Ă  un plan de redressement qui dĂ©gage dĂ©sormais de la croissance rentable. Nous sommes notamment revenus dans le classement Magic Quadrant de Gartner 2022, et sommes devenus leader du Quadrant Matrix 2023 solutions SRM ( Supplier Risk Management ), ce dont je suis trĂšs fier, et nous allons ĂȘtre en bonne place en 2023 dans les classements.

Belle performance ! Que pensez-vous de l’état de votre marchĂ© ?

O.B : Le marchĂ© du e-procurement pĂšse 7 milliards d’euros dans le monde, dont la moitiĂ© est aux Etats-Unis et un tiers en Europe. Le marchĂ© est tractĂ© dans sa croissance par les Etats-Unis oĂč l’on projette 20 % de croissance annuelle sur les 3 annĂ©es Ă  venir, du fait de la multiplication des risques mondiaux qui se rĂ©percutent sur les achats : l’inflation bien sĂ»r, le shortage, c’est-Ă -dire les ruptures de produits bruts ou semi-finis, les risques rĂ©gionaux et la dĂ©sorganisation des supply chain sont un puissant levier de croissance. Par exemple, il va ĂȘtre plus compliquĂ© d’acheter certains composants en Chine, les Etats-Unis interdisent tous les produits Huawei sur le territoire… En Europe, la forte accĂ©lĂ©ration des enjeux RSE donne de trĂšs belles opportunitĂ©s pour les leaders comme nous des solutions SRM ( Supplier Risk Management ) : nous venons de gagner en Juin face Ă  tous nos concurrents europĂ©ens et amĂ©ricains la gestion des risques fournisseurs du groupe Auchan : c’est une grande fiertĂ© pour toute l’équipe, et le gage de succĂšs futurs !!

Quel manager ĂȘtes-vous ?

O.B : J’essaye d’ĂȘtre le chef d’orchestre qui Ă©crit et joue la partition, avec une trĂšs bonne exĂ©cution des Ă©quipes. Il ne faut pas oublier que 95 % de la valeur vient d’une trĂšs bonne exĂ©cution. On devient excellent quand on est trĂšs bon en innovation et trĂšs bon en exĂ©cution. Je suis favorable Ă  une culture de la flexibilitĂ© qui s’ancre dans les rĂ©sultats. Les Ă©quipes ont Ă©tĂ© trĂšs heureuses de cĂ©lĂ©brer notre performance l’annĂ©e derniĂšre, et j’en suis trĂšs fier.

 

« 95 % de la valeur vient d’une trĂšs bonne exĂ©cution »

 

Quels sont les ressorts de ce succĂšs ?

O.B : Je crois que nous n’étions pas maĂźtres de notre produit, et donc pas maĂźtre de notre destin. Nous nous sommes comportĂ©s comme une entreprise de services alors que nous sommes fondamentalement une entreprise de produits – produits dans lesquels il y a de l’intelligence et du savoir-faire embarquĂ©s. Nous avons repris le contrĂŽle de notre destin stratĂ©gique et financier grĂące Ă  notre plan de redressement, avec un produit dont nous sommes maĂźtres grĂące Ă  une vision claire de notre valeur ajoutĂ©e sur les sujets de gestion des risques achats et supply chain.

Une question pour conclure : des hobbies ?…

O.B : Je joue au paddle, moins exigeant que le tennis, mais un sport trĂšs agrĂ©able. J’ai pilotĂ© des petits avions, et mon projet est de passer un jour aux hĂ©licoptĂšres !

 

S’abonner
Notifier de
guest
2 Commentaires
Inline Feedbacks
Afficher tous les commentaires

A LIRE AUSSI