Après 15 ans passé dans l’industrie IT du leasing et de la distribution, où il occupe des fonctions commerciales, d’achats et de marketing chez ECS puis Allium, Laurent Lamoureux se tourne vers le secteur du brokerage et du reconditionnement à la fin des années 2000. Laurent a notamment conçu et lancé « Ecotwice », l’offre Econocom de revente aux collaborateurs de leurs propres produits via une plateforme digitale. Expert dans le domaine de l’industrie du reconditionné – des acteurs du marché, des produits et de son environnement réglementaire –, Laurent Lamoureux vient d’être nommé président du SIRRMIET, le syndicat professionnel des re-conditionneurs français – et les enjeux sont de taille. Interview.
Bonjour Laurent, pourriez-vous nous retracer votre parcours ?
On peut dire que j’ai vu la naissance d’un sujet, celui du reconditionnement du matériel (rires) ! Ma carrière est intimement liée à l’évolution d’Econocom. J’ai tout d’abord rejoint ECS en 1989 puis Econocom en 1998 avant de revenir en 2006 chez ECS. L’entreprise ayant été finalement rachetée en 2010 par Econocom, j’ai vu mon périmètre s’élargir sur le brockerage (intermédiation financière, ndlr), tout d’abord sur les systèmes informatiques de moyennes et de grandes tailles, puis vers les nouvelles formes de devices individuels. J’ai véritablement assisté à une transformation profonde du secteur, en temps réel. L’acquisition de SOFIGROUP (qui deviendra Econocom Factory) en 2022 est finalement la conséquence logique de ces 10 dernières années d’évolution du secteur et de ses enjeux.
Si vous deviez regarder un peu en arrière, quel regard porteriez-vous sur l’évolution du secteur du reconditionné ?
On peut en tirer deux enseignements majeurs à date : il s’agit d’un marché relativement structuré notamment sur le secteur de la mobilité, beaucoup moins sur l’IT … Par ailleurs, c’est un marché qui est encore émergent. Les possibilités à venir sont immenses ! Si nous regardons le marché à travers les évolutions règlementaires à venir, une indication importante : aujourd’hui, les entreprises publiques sont obligées d’acheter 20% de matériels reconditionnés. Ce chiffre va passer à 25% en 2027 et à 30% en 2030. Pour être encore plus concret : prenons l’exemple d’une entreprise publique de transport de premier plan. Son budget informatique est aujourd’hui de plus de 1 milliard d’euros … Je vous laisse imaginer les perspectives ! C’est la raison pour laquelle le sujet du reconditionnement occupe une place centrale au sein du nouveau plan stratégique d’Econocom.
Parlez-nous de votre rôle en tant que Président du SIRRMIET ? Quels sont vos sujets prioritaires ?
Je veux tout d’abord dire que le syndicat est, naturellement, en avance de phase et en discussions permanentes avec les ministères (Bercy évidemment, mais également le ministère de la transition écologique) sur les projets de décrets en cours. Très concrètement, nous sommes 35 re-conditionneurs présents au sein du syndicat, et celui-ci a été créé il y a une dizaine d’années pour pallier le manque d’interlocuteurs alors constaté face aux pouvoirs publics. De manière opérationnelle, nous nous réunissons tous les quinze jours et nous avons mis en place 4 commissions au sein de la nouvelle gouvernance : affaires Publiques, qualité, distribution et communication.
Concernant les sujets à venir, j’en identifie trois qui sont prioritaires. Tout d’abord, un sujet de distorsion concernant l’environnement concurrentiel. Nous ne sommes pas soumis au même régime (qu’il soit relatif aux taxes ou encore aux obligations légales) lorsqu’on est une entreprise française ou étrangère. C’est une problématique fondamentale à adresser. Le second sujet est celui de la redevance concernant la copie privée. A l’heure du streaming à outrance, cette réglementation nous paraît totalement obsolète ! Enfin, la fin de l’année 2023 verra l’application d’un label de qualité unifié. L’idée étant, à travers ce label, de rassurer sur la qualité des matériels : nous n’avons pas la même perception aujourd’hui sur un smartphone reconditionné que sur un laptop reconditionné … Là où des marketplaces comme Backmarket ont participé à la pédagogie concernant le reconditionnement des smartphones, il nous manque le pendant pour les ordinateurs portables. Vous le constatez, les chantiers ne manquent pas, et nous avons du pain sur la planche !





